
La première fois que j’ai passé une visite chez l’ophtalmologue, je me souviens très bien de ce moment précis. J’étais assis sur une chaise un peu trop basse, la lumière blanche me tombait dessus comme un projecteur, et une personne est venue me chercher en me disant :
« On va faire quelques tests avant de voir le médecin. »
Quelques tests.
Quinze minutes plus tard, j’avais l’impression d’avoir passé un examen de fin d’année. Des machines, des lettres floues, des clics, des souffles d’air. Et cette question qui tourne dans la tête : pourquoi tout ça ? J’ai juste besoin de nouvelles lunettes…
Franchement, si vous vous êtes déjà posé la question, vous êtes loin d’être seul.
Pourquoi a-t-on parfois l’impression de “trop d’examens” chez l’ophtalmologue ?
On vient souvent pour une chose simple. Voir si la vue a bougé. Renouveler des lunettes. Comprendre pourquoi on voit moins bien le soir. Et pourtant, on repart avec une batterie de tests digne d’un check-up d’avion avant décollage.
Là, ça devient intéressant. Parce que cette impression de “trop” vient rarement des tests eux-mêmes. Elle vient du fait qu’on ne vous explique pas toujours pourquoi ils sont là. Et quand on ne comprend pas, on soupçonne. On doute. On se dit que c’est peut-être pour gonfler la facture. Ou pour faire joli sur le dossier.
Spoiler : non. Pas vraiment.

Un œil peut sembler aller bien… tout en commençant à dérailler doucement. C’est même l’un des organes les plus sournois du corps. Pas de douleur. Peu de signaux d’alerte. Et quand les symptômes arrivent, il est parfois déjà un peu tard.
Alors l’ophtalmologue ne se contente pas de “regarder si vous lisez bien les lettres”. Il cherche des indices. Des traces minuscules. Des écarts que vous, devant votre miroir, ne verrez jamais.
Un peu comme un mécanicien qui écoute un moteur. Vous, vous entendez juste un bruit normal. Lui, il repère les indices qui annoncent un souci.
La rétine, c’est un peu la pellicule de votre appareil photo. Sauf qu’elle ne se remplace pas. Les tests qui l’observent cherchent des signes précoces. Très précoces. Des choses qui ne font pas mal. Qui ne floutent pas encore la vision. Mais qui, laissées tranquilles, peuvent évoluer.
L’idée n’est pas de faire peur. L’idée, c’est d’anticiper. De surveiller. De comparer dans le temps. Parce qu’un œil, ça s’écrit au pluriel : aujourd’hui et demain.
“Je vois bien, pourtant…”
C’est probablement la phrase la plus entendue en cabinet. Et elle est sincère. La plupart du temps, vous voyez effectivement “bien”. Mais bien par rapport à quoi ? À hier ? À l’an dernier ? À la moyenne ? À ce que votre cerveau a appris à compenser ?
Parce que oui, le cerveau est malin. Il corrige. Il comble les trous. Il s’adapte. Jusqu’au jour où il ne peut plus. Les tests servent aussi à déjouer ces compensations silencieuses.
Pourquoi un seul test ne suffit pas pour évaluer la vision
Bonne question. Et elle revient souvent.
Chaque test observe un angle précis de votre vision. Certains regardent la surface de l’œil. D’autres ce qui se passe à l’intérieur. D’autres encore comment votre cerveau interprète ce que l’œil capte.
Et surtout, aucun test ne raconte toute l’histoire à lui seul.
C’est l’ensemble qui compte. La cohérence. Ou justement l’incohérence entre les résultats. Quand quelque chose ne colle pas, c’est souvent là que le médecin devient attentif.
Petit aparté (promis, on revient à notre sujet, le nombre d’examens aux cabinets ophtalmologiques)
Savez-vous pourquoi certaines personnes conduisent des années avec une vision en baisse sans s’en rendre compte ?
Parce que la dégradation est lente. Insidieuse. Un peu comme une photo qui perd sa netteté pixel par pixel. Rien de brutal. Rien qui alarme. D’où l’importance de tests réguliers.
Voilà. Fin de la parenthèse. On reprend.

Il y a aussi une question de responsabilité de votre ophtalmologue lors d’une consultation
Un ophtalmologue engage sa responsabilité à chaque visite. Dire “tout va bien” sans avoir vérifié, c’est prendre un risque. Pour vous. Et pour lui.
Alors oui, parfois, on a l’impression d’une surenchère. Surtout si vous êtes passé chez un autre ophtalmologue qui a déjà réalisé des tests. Mais si vous n’avez pas ces examens avec vous, ou si les résultats ne sont pas clairs, il faut parfois les refaire. C’est pour ne pas passer à côté de quelque chose.
Les examens systématiques lors d’une visite ophtalmologique de routine
Voici une liste simple et claire des examens habituellement considérés comme indispensables lors d’une visite de routine chez l’ophtalmologiste (hors contexte particulier ou pathologie connue) :
Mesure de l’acuité visuelle
C’est le test le plus connu. Celui des lettres sur fond blanc.
On teste en général :
- Vision de loin
- Vision de près(avec et sans correction si besoin)
Mesure de la réfraction
Pour évaluer la correction nécessaire (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie) Concrètement, c’est la machine dans laquelle vous regardez une image (souvent une montgolfière, une maison ou un paysage) pendant quelques secondes, sans rien faire d’autre. Elle mesure automatiquement comment votre œil focalise la lumière. Il sert à
- donner une première estimation de la correction nécessaire (myopie, hypermétropie, astigmatisme)
- fournir une base de travail au médecin ou à l’orthoptiste
- comparer avec les mesures précédentes
Mesure de la pression intraoculaire
Ce test est souvent celui qui surprend le plus, alors qu’il est très rapide. Il sert à mesurer la pression à l’intérieur de l’œil. Cette pression doit rester dans une certaine zone d’équilibre. Trop élevée sur la durée, elle peut abîmer le nerf optique sans provoquer de douleur ni de gêne visuelle au début. Dans la plupart des cas, la mesure se fait avec une machine qui envoie un léger souffle d’air vers l’œil.
Ce test est systématique lors d’une visite de routine, même quand on voit bien. Il permet de dépister précocement certaines maladies comme le glaucome, qui peuvent évoluer longtemps sans symptômes.
Examen de la surface de l’œil
Le médecin observe les paupières, la cornée, la conjonctive et le film lacrymal. C’est un examen rapide mais fondamental pour évaluer la santé globale de l’œil.
Selon l’âge, les antécédents ou les résultats, d’autres examens peuvent être ajoutés, mais ce socle constitue la base d’un contrôle ophtalmologique de routine.

Les examens ophtalmologiques non systématiques lors d’une consultation ophtalmologique
Certains examens ne sont pas réalisés à chaque visite. Ils dépendent de l’âge, des antécédents médicaux ou des résultats des premiers tests.
Examen du fond d’œil
Le fond de l’œil est un examen qui permet au médecin de regarder directement à l’intérieur de l’œil. Il permet d’observer :
- la rétine (la zone qui capte la lumière)
- le nerf optique (qui transmet l’information au cerveau)
- les vaisseaux sanguins de l’œil
Le plus souvent, surtout pour un examen complet, on utilise des gouttes pour dilater la pupille.
Pendant l’examen, la lumière peut être vive. Ce n’est pas douloureux, mais parfois un peu inconfortable.
Après l’examen la vision est floue il est recommandé de ne pas conduire les heures qui suivent.
C’est un examen important car il peut révèler des anomalies importantes alors que la vision est encore bonne.
L’examen du champ de vision, c’est quoi exactement ?
Le champ de vision correspond à tout ce que vous voyez autour de vous lorsque vous regardez droit devant. Pas seulement ce qui est net au centre. Mais aussi ce qui se passe sur les côtés, en haut, en bas.
C’est cette vision périphérique qui vous permet de vous déplacer, de conduire, de vous orienter, souvent sans y penser.
On le mesure arce que certaines maladies de l’œil n’affectent pas la vision centrale au début. La vue peut sembler bonne, confortable, rassurante… alors que la vision périphérique commence à se réduire progressivement. C’est le cas entre autre pour le Glaucome, la rétinite pigmentaire, le syndrome de Usher…
Ce n’est pas un examen de confort. C’est un examen de surveillance qui n’est pas réalisé à chaque visite de routine, mais prescrit lorsque le contexte médical le justifie.
Les examens d’imagerie plus poussés, de quoi parle-t-on ?
Lors d’une visite chez l’ophtalmologue, certains examens vont plus loin que l’observation directe de l’œil. Ils permettent d’obtenir des images très précises de structures internes, invisibles à l’œil nu.
Ces examens d’imagerie servent à voir ce qui ne se voit pas encore lors d’un examen classique.
Ils aident à confirmer une impression clinique, à surveiller une évolution ou à détecter des anomalies très précoces.
Ils ne sont pas réalisés systématiquement.
Ils sont prescrits lorsque le contexte médical le justifie, par exemple :
- en cas de doute sur la rétine ou le nerf optique
- pour suivre une pathologie connue
- pour comparer l’évolution dans le temps
Leur rôle n’est pas de multiplier les examens, mais de préciser, objectiver et sécuriser la décision médicale.
“Passer de machine en machine” : ce que le patient perçoit, ce que le médecin analyse
Oui, certains centres vont vite. Oui, vous pouvez avoir l’impression de passer de machine en machine. Et oui, cela peut parfois sembler impersonnel.
Ce ressenti est compréhensible.
Mais ce que l’on perçoit moins, c’est l’objectif de cette organisation. Elle ne vise pas à enchaîner les consultations, mais à rendre l’accès aux soins possible sans attendre des mois, tout en maintenant un niveau d’exigence médicale élevé.
Aujourd’hui, beaucoup de patients renoncent ou repoussent un contrôle simplement parce que les délais sont trop longs. Or, en ophtalmologie, attendre plusieurs mois peut suffire à laisser évoluer silencieusement un problème qui aurait pu être détecté plus tôt.

Les machines permettent de recueillir rapidement des données fiables. Le rôle du médecin est ensuite de les analyser, de les croiser et de leur donner du sens. Ce fonctionnement structuré permet à la fois une lecture médicale rigoureuse et une prise de rendez-vous plus rapide, sans sacrifier la qualité de l’examen.
Chez Ophtacenter, cette approche est née d’un constat de terrain : trop souvent, des patients arrivaient avec des pathologies déjà avancées, non pas par négligence, mais parce qu’ils avaient attendu des mois avant de pouvoir consulter. Dans ces situations, il n’était plus question de prévention, mais seulement de limitation des dégâts.
C’est pour répondre à cette réalité que les centres Ophtacenter ont été pensés : permettre aux patients d’être vus plus tôt, suivis plus régulièrement, et pris en charge avant que les choses ne se compliquent.
Comprendre pour mieux vivre sa consultation
Subir sans comprendre, c’est pénible. Et ça n’aide personne.
Nous essayons de vous accompagner au mieux, mais il arrive que nous n’anticipions pas toujours toutes vos questions. N’hésitez pas à les poser. Même simples. Même maladroites.
Un bon cabinet saura y répondre. Cela vous évitera de sortir frustré. Nous sommes là pour vous aider.
La vision ne se résume pas à des lunettes
La vision, ce n’est pas qu’une histoire de lunettes. C’est l’autonomie. La sécurité. La fatigue. Les maux de tête. La confiance.
Tester, c’est aussi protéger tout cela. Même quand cela paraît excessif sur le moment.
Si une visite vous a laissé un goût amer, ce n’est pas forcément à cause des tests. C’est souvent à cause du silence autour d’eux.
La prochaine fois, si vous en ressentez le besoin, osez demander. Osez comprendre.
Parce que vos yeux sont précieux. Et franchement, ils méritent toute votre attention… et quelques explications.